Forêt Passion

George Sand - La Forêt de Fontainebleau
© éditions de l'éclaireur

La forêt de Fontainebleau

- par Geroge Sand

Publié en 1872 dans Le Temps, ce manifeste alerte déjà contre les dangers de la déforestation et de l'épuisement des ressources. George Sand livre ici bien plus qu'une défense passionnée de la forêt de Fontainebleau. Elle élabore une véritable philosophie écologique avant l'heure dans laquelle la préservation de la nature devient le fondement d'un nouveau contrat social...
Une lecture étonnante qui révèle une autre facette del'attachement des français à leur forêts, et à celle de Fontainebleau qui doit maintenant renaitre de ses cendres.

Morceau choisi...
"Tout le monde a donc droit à la beauté et à la poésie de nos forêts, de celle-là particulièrement, qui est une des plus belles choses du monde, et la détruire serait, dans l'ordre moral, une spoliation, un attentat vraiment sauvage à ce droit de la propriété intellectuelle qui fait de celui qui n'a rien que la vue des belles choses, l'égal quelquefois le supérieur de celui qui les possède."
Édifiant...

source:
Éditions l'éclaireur, temps de lecture: 1 heure



George Sand a une connaissance intime et scientifique de la forêt. Passionnée dès l’enfance par les sciences naturelles, elle hérite du Domaine de Nohant à la suite du décès de sa grand-mère en 1821. Elle souhaite connaître, comprendre et gérer ses terres.

Elle va, à rebours de la société de son époque, et, à l’avant-garde de la nôtre, lire, apprendre et s’entourer de grands scientifiques en n’excluant aucun savoir. Amoureuse de la forêt de Fontainebleau, lieu de promenades dans les années 1830 avec Alfred de Musset, elle s’y rend souvent. Menacée par l’administration dont l’objectif était de raser une partie de la forêt pour l’exploitation des pins, Fontainebleau est, dans un premier temps, défendue par les artistes du groupe de Barbizon. Puis, en 1872, sous la présidence d’Adolphe Thiers, l’exploitation est accrue. Sand alerte contre les dangers de la déforestation, de l’assèchement des terres, de la surproduction et sur l’épuisement des ressources naturelles. Dans ce manifeste écologiste, la pensée de Sand préfigure ce que nous appelons aujourd’hui développement durable : il faut préserver le capital naturel, qui doit demeurer pour les générations futures. La nature est le bien commun. Victoire, la forêt et les pins de Fontainebleau seront préservés.

Publié pour la première fois en 1872 dans Le Temps, ce texte est suivi d'une postface de Grégory Quenet.

George Sand naît le 1er juillet 1804 à Paris. Elle fut la première femme à égaler par son succès et sa renommée ses contemporains masculins par l’importance et la diversité de son oeuvre, l’originalité et l’indépendance de sa vie, la modernité et le courage de ses engagements, sa liberté d’esprit, et sa personnalité hors du commun. Le 8 juin 1876, George Sand s’éteint à Nohant.

Historien, titulaire d'une chaire au Collège des Bernardins, agrégé d’histoire moderne, Grégory Quenet est le premier et encore le seul professeur en histoire de l’environnement. Il est le pionnier de l’histoire environnementale et des humanités environnementales en France.