Forêt Passion
Point sur le marché du bois
Nous proposons ici une actualisation du point de marché du bois à fin mars 2026. Nous nous appuyons sur les observations réalisées en 2024 et 2025, ainsi que sur les éléments aujourd’hui disponibles permettant d’esquisser les principales perspectives pour l’année 2026.
Contexte général
Le marché français du bois évolue dans un environnement contrasté, marqué par des volumes mobilisés historiquement faibles. Cette contraction de l’offre traduit à la fois une prudence accrue des opérateurs et des débouchés encore fragiles, notamment dans le secteur de la construction.
L’environnement macroéconomique demeure incertain, avec une reprise progressive en Europe et des tensions commerciales internationales susceptibles d’influer sur les flux.
Dans ce contexte, le marché reste structurellement soutenu par une ressource plus rare. En 2025, l’indice moyen des prix des bois sur pied, toutes essences confondues, s’est établi autour de 90 €/m³, confirmant la bonne tenue d’ensemble du marché.Marché des résineux
Le segment des résineux demeure l’un des principaux moteurs du marché, avec une demande globalement bien orientée.Douglas
Le Douglas confirme sa position dominante. Les prix s’inscrivent désormais durablement entre 95 et 100 €/m³, avec une moyenne récente consolidée autour de 97,85 €/m³. La tension sur la ressource disponible et la demande soutenue, notamment à l’export, continuent de porter le marché.
Épicéa et sapin
Les résineux blancs évoluent dans un marché ferme :
- Épicéa commun : autour de 55 à 60 €/m³ ;
- Sapin pectiné : entre 47 et 51 €/m³.
La baisse des volumes disponibles, notamment à la suite des épisodes sanitaires, contribue à maintenir les prix.
Pin maritimeDans le Sud-Ouest, le marché reste solide, avec des prix stabilisés autour de 56 €/m³, à un niveau élevé.
Autres résineux
- Pin laricio : environ 40 €/m³ ;
- Pin sylvestre : autour de 36 €/m³.
Marché des feuillus
Le marché des feuillus demeure plus contrasté, avec une forte différenciation selon les essences, les qualités et les usages.
ChêneLe chêne reste à des niveaux historiquement élevés, globalement compris entre 150 et 230 €/m³. Le marché apparaît toutefois plus sélectif. Le segment du merrain est en retrait, tandis que les bois de belle qualité continuent à bien se valoriser. En revanche, les qualités secondaires sont plus difficiles à placer.
Frêne
Le frêne bénéficie d’une demande internationale très soutenue. Les prix se situent autour de 160 €/m³, avec des moyennes récentes atteignant 162,82 €/m³, dans un contexte de raréfaction de la ressource.
Châtaignier
Le châtaignier se positionne dans une fourchette comprise entre 70 et 110 €/m³, selon les qualités et les débouchés.
Peuplier
Le peuplier confirme sa dynamique positive, avec des prix moyens autour de 70 €/m³, soutenus par les besoins en déroulage et en emballage. L’évolution de certains acteurs industriels du secteur mérite toutefois d’être suivie avec attention.
Hêtre
Le hêtre se situe autour de 56 €/m³ en moyenne, mais peut dépasser 70 €/m³ pour les bois de plus fort volume, ce qui traduit une meilleure valorisation des belles qualités.
Robinier
Le robinier, ou faux-acacia, connaît actuellement un regain d’intérêt, en particulier pour la production de piquets. Cette dynamique haussière s’explique notamment par les évolutions réglementaires touchant les aménagements extérieurs et certains ouvrages de protection. Le robinier se positionne autour de 18 € le stère.
Bois d’industrie et bois-énergie
Ces segments constituent un socle stable du marché.- Le bois-énergie demeure particulièrement actif, avec une demande soutenue et des prix fermes, notamment en période hivernale.
- Le bois de chauffage bénéficie également d’une demande régulière, avec des prix globalement stables.
- La trituration, feuillue comme résineuse, reste bien orientée, portée par les industries du panneau, de la pâte à papier et du granulé.
Perspectives 2026
À horizon 2026, plusieurs tendances structurantes se dégagent :- une reprise progressive du marché, en lien avec une amélioration attendue du secteur de la construction ;
- un maintien de niveaux de prix élevés, soutenus par la tension sur la ressource ;
- une sélectivité accrue, favorable aux bois de qualité et aux lots facilement exploitables ;
- une pression durable sur l’offre, liée aux contraintes sanitaires, climatiques et structurelles ;
- un rôle croissant du bois dans les politiques de transition écologique.
Conclusion
Le marché du bois aborde 2026 dans un contexte contrasté, mais globalement solide.
La combinaison d’une offre contrainte, de niveaux de prix élevés et d’une demande structurellement présente continue de soutenir l’attractivité des actifs forestiers.
Dans ce cadre, les propriétés bien situées, accessibles et composées d’essences recherchées conservent un positionnement particulièrement favorable. Leur valorisation demeure étroitement liée à la qualité des peuplements, à leur maturité et aux conditions d’exploitation.